Grande Loge Nationale Togolaise

La Régularité

La Grande Loge Nationale Togolaise est une Grande Loge régulière parce qu’elle se conforme de façon intangible à une règle compatible en tout point aux anciens règlements, us et coutumes de la Franc-Maçonnerie traditionnelle, caractérisée par les « basic principles » édictés par la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1929 et par les « standards of recognition » qui régissent les lois de reconnaissance mutuelle des Grandes Loges américaines.

Ces dispositions ont été établies en référence aux anciens règlements us et coutumes sont appelés Anciens Devoirs ou « Landmarks ».

– Les premiers manuscrits des Anciens Devoirs sont le Manuscrit Régius et le Cooke (fin du VXe siècle). Ils sont anglais.

– Les Anciens Devoirs sont constitués de 2 parties :

Une histoire légendaire du Métier, où l’histoire est souvent largement estropiée, mais révélant d’étonnantes références, analogies et symboles à l’origine de nos Rites.
Un code d’honneur énonçant des articles de loi réglementant depuis les principes de l’institution avec les qualifications du candidat jusqu’aux amendes pour manquement à la conduite sur le chantier, chez le patron, en passant par les réunions ou assemblées générales annuelles, etc.

La référence la plus connue et la plus récente est celle des “Constitutions d’Anderson” dont la première édition remonte à 1723. Conformément à ces Anciens Devoirs, chaque Grande Loge a résumé ceux-ci dans une règle légèrement différente mais analogue d’un pays à l’autre. Ces principes ou Landmarks ne sont pas toujours écrits.

La conformité de la Règle aux Anciens Devoirs définit le caractère régulier d’une Grande Loge.

La Règle n’est pas la Loi. La loi est la même pour tous. La même société, régie par la Loi, peut renfermer plusieurs ordres et plusieurs règles. Pour fonctionner en ordre, les Francs-Maçons ont besoin d’une règle, à laquelle ils choisissent librement de se soumettre.

Se référant à la table d’émeraude et aux principes hermétiques, certains Francs-Maçons pensent que l’Ordre maçonnique terrestre entre en résonance avec l’Ordre maçonnique universel, cosmique ou intérieur. Encore faudrait-il pour cela que la règle qui fonde l’ordre maçonnique humain soit, elle aussi, en correspondance avec une Règle universelle qui animerait l’Ordre maçonnique universel et l’univers.

C’est pour cette raison que toutes les règles maçonniques de tous les ordres maçonniques terrestres se réfèrent à une Règle universelle, inspirée des us et coutumes, Landmarks, ou anciens devoirs, qui fondent « La » Tradition initiatique.

Dans la réalité terrestre, la règle est par nature, sinon par essence, ce qui fonde un ordre maçonnique en ce qu’il a d’humain. Tout ordre humain est le résultat d’une règle librement choisie. C’est la règle qui fonde le mode d’existence de l’ordre, son fonctionnement, son sens. La règle maçonnique est inscrite dans la constitution de chaque obédience.

Chaque Franc-Maçon jure librement dans sa Loge de respecter la règle maçonnique, chaque Loge fait obédience à sa Grande Loge en se soumettant à la Règle dont celle-ci est la gardienne.

Après avoir été démocratiquement votée, la loi nous environne et s’impose à tous. La règle est librement choisie. Transgresser la loi expose à une répression. Transgresser une règle librement choisie n’a pas de sens, c’est ipso facto refuser le sens de la règle et s’exclure de l’ordre qu’elle infère, sans qu’il soit à proprement parler question de sanction. La discipline de l’ordre ne juge pas. Elle se borne à constater aux yeux de tous les manquements à la Règle et donc l’auto-exclusion de leurs auteurs.

La Règle qui fonde la GLNT est la règle en douze points

Elle aussi se réfère aux Landmarks et aux Anciens Devoirs. Cette référence aux Landmarks et aux anciens devoirs, partagée par toutes les obédiences, amène cependant diverses interprétations. Toutes sont sincères mais elles ne sont pas convergentes. D’où ce foisonnement de corps maçonniques qui, à travers leurs soifs contradictoires d’ordre, donnent justement l’impression d’un grand désordre, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes.

Chaque Grande Loge prétendant incarner la pure et vraie maçonnerie suivant la vraie règle et les vrais anciens devoirs, il a fallu qu’une sorte d’arbitrage se mette en place. Cet arbitrage s’est finalement organisé autour, non pas de l’hégémonie, mais de la primauté historique de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Pour parvenir à un consensus entre toutes les Grandes Loges qui se prétendaient régulières dans différents pays, notamment les Etats-Unis, la France et différents pays d’Europe, la Grande Loge Unie d’Angleterre a édicté, dans une déclaration solennelle en 1929, ce qu’ils ont appelé les « basics principles » du « craft » (les anglais parlent de métier plutôt que d’Ordre). Les « basics principles » ne constituent pas en eux-mêmes une règle constitutive à proprement parler, mais permettent de vérifier si les différentes règles des différentes Grandes Loges régulières et souveraines sur leur territoire convergent bien vers ces principes essentiels directement hérités des anciens devoirs.

A l’issue de cette démarche de consensus, la notion de régularité, par essence issue de la notion de règle, s’est donc complétée de la notion de reconnaissance.

C’est cette reconnaissance mutuelle comme conforme aux « basics principles » qui permet aux Grandes Loges Maçonniques de se reconnaître entre elles comme « régulières » c’est-à-dire pratiquant effectivement la même règle donc faisant partie du même Ordre.

Même si la règle d’une obédience est en elle-même conforme aux basic principles, des manquements répétés à la pratique de cette règle par certains de ses membres peuvent justifier le retrait de la reconnaissance par les autres Grandes Loges régulières.