Grande Loge Nationale Togolaise

LE RITE YORK

Le Rite York est l’un des rites maçonniques les plus pratiquées dans le monde. C’est un rite dit « de médiation ou encore d’intuition » comme la quasi-totalité des rites d’origine anglo-saxonne qui sont appelés des « working ». Le rite ici doit habiter le cœur et la mémoire du Franc Maçon en le transformant en initié par la connaissance du rite.
Aux Etats Unis, on compte près de deux à quatre millions de maçons.
Le rite York correspond en fait, aux Etats-Unis d’où il nous est revenu à l’ensemble des hauts grades pratiqués au-dessus des trois premiers degrés, constitués par la voie de l’Arche Royale et de ses chapitres, les degrés cryptiques et leurs conseils ainsi que les grades chevaleresques d’origine templière et leurs commanderies.
Ce rite a été introduit au Togo le 8 février 2003 avec la consécration de la Respectable Loge Isis à l’orient de Kara. La Grande Loge nationale Togolaise compte 7 loges du Rite York.

L’autre grande voie correspond au Rite Ecossais Anciens et accepté en 33 degrés. Ainsi aux Etats Unis, le Rite York est pratiqué en binôme avec le Rite Ecossais Anciens et Accepté. Ce constat a encouragé la création en 1957 à Détroit du Collège du Rite York afin de défendre le rite et d’en faire sas promotion.
Si le Rite York, le Rite Ecossais Francs et Acceptés, connait sa genèse en Ecosse, ce sont les Francs-maçons irlandais qui continueront à l’exporter en Amérique du Nord au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle.
Il prend sa dénomination de rite américain par distinction avec le Rite Emulation qui se codifie lorsque les loges des Anciens et des Modernes s’unissent par l’Acte Solennel d’Union le 27 septembre 1813. Les Etats Unis, absents de l’union entre deux conceptions de la franc-maçonnerie qui voit le jour en Grande-Bretagne, gardent ainsi toutes l’originalité et l’authenticité de ce rite.
Il importe de souligner qu’une infime minorité de Loges Américaines pratiquent d’autres rites dans les Loges symboliques, notamment les Rites des Maçons Francs et Accepté ou des Modernes : les loges ayant été consacrées avant la création de la Grande Loge de leur Loges créées avant la parution des rituels officiels.
Le Rite York est en réalité un système comprenant :
• des loges de maçons francs et acceptés
• des chapitres de l’Arche Royale
• des conseils de maîtres royaux et choisis
• des commanderies de chevaliers du temple

Les degrés et les grades de chaire constituent des ordres notamment l’Ordre de la Grande Prêtrise, l’Ordre de la Truelle d’Argent et l’Ordre des Chevaliers Prêtres Maçons.

La démarche initiatique des loges bleues jusqu’au degré de Chevalier du temple, contenue dans le rite York veut que le franc-maçon passe du Temple de Salomon qu’il rebâtit en recevant la gnose en vue d’un Temple à la portée plus christique dans les Commanderies.
Le rituel York insiste particulièrement sur la présence de la Bible dans la Loge, et donc dans la vie des Frères, en plaçant au centre de l’atelier et au cœur même de l’engagement maçonnique. Une longue exhortation sur la Bible, unique parmi tous les rituels maçonniques, prend place immédiatement après l’Obligation solennelle du 1er grade et rappelle cette importance : « S’il arrivait jamais que l’athée, l’infidèle, l’irréligieux ou le libertin fussent en mesure de jeter à bas de nos autels ce livre de la loi sacré et de faire ainsi disparaitre ou même simplement de masquer la plus grande des lumières de la maçonnerie, cette lumière qui pendant des siècles, a dirigé et guidé les francs-maçons, nous ne pourrions plus alors prétendre aux rangs et titres élevés de Maçons Francs et Acceptés.

Protégez donc ce Livre de la Loi sacrée et immuable comme votre vie même. Défendez-le comme vous défendriez le drapeau de votre pays. Vivez selon ses enseignements divins, avec l’assurance… »

L’ouverture de la Bible se fait à chaque degré à un verset différent directement en rapport avec la cérémonie d’initiation, de passage ou d’élévation correspondante ; Psaume 133 au 1er degré ; Livre d’Amos, chap. 8 : au 2ème degré ; Ecclésiaste, chap. 12 au 3ème degré ; Livre des Rois en Conseil de Maîtres Installés.
Loin d’être morbide, le concept de la mort inéluctable du corps physique et de la vie éternelle de l’âme est annoncé clairement dès le 1er grade, lors de la remise du tablier au jeune Frère Apprenti.
« Il est désormais vôtre, à vous de le porter tout au long d’une vie honorable, et à votre mort, qu’il soit déposé dans le cercueil qui contiendra votre dépouille mortelle (…), et lorsque votre âme tremblante se tiendra seule et nue devant le grand trône blanc pour y recevoir des actes de votre vie terrestre, puisse-il-il être votre lot d’être accueilli par les mots, de celui qui est le Juge Suprême : sois le bienvenu, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur ».
Au rite York, le Grand Architecte de l’Univers s’efface devant Dieu : en effet la Loge est ouverte et les travaux s’exécutent à la Gloire de Dieu et en mémoire des Bienheureux Saints jean.
L’omnipotence divine transparait également dans les décors des Frères et de la Loge, notamment par la présence d’un Œil-qui-voit-tout brodé ou imprimé sur la bavette des tabliers des Maîtres Maçons, et de la lettre « G » qui est également à l’Orient.
Le profane qui a reçu la lumière se consacre dans les loges bleues à l’étude des vertus cardinales de justice, de prudence, de tempérance et de courage. Ces loges comprennent les degrés suivants : Apprenti, Compagnon, Maître.
Elles sont gérée en ce qui concerne les Etats Unis, par les 49 Grandes Loges et sont également appelées « loges bleues » car le bleu est l’emblème de l’amitié, la caractéristique de l’ancienne maçonnerie.
Les Grandes Loges constituent la pierre angulaire de la franc-maçonnerie. C’est la structure qui a la responsabilité quotidienne de la mise en œuvre des programmes et politiques de la fraternité des maçons. Sa mission principale est à travers les loges de créer des maîtres maçons et d’assurer une éducation générale à tous les maçons.
Une conférence des Grands Maîtres américains se réunit chaque année pour coordonner les questions d’intérêt mutuel.
A la fin de votre parcours dans les loges symboliques, vous représentez Hiram Abif et avez reçu le mot substitué. Lorsque vous êtes en bonne intelligence avec votre Loge Bleue, vous pouvez continuer sur le chemin de la connaissance du rite York pour retrouver le mot de maître longtemps perdu si vous répondez aux critères d’éligibilité.
Le rite York est cohérent dans son approche. De nombreuses questions soulevées dans les loges symboliques trouvent leurs réponses dans les chapitres et conseils.
Le chapitre de l’arche comprend quatre degrés capitulaires :
• Maître de marque
• Passé maître (Virtuel)
• Très excellent maître
• Maçon de l’arche royale

L’arche royale faisait partie de la maçonnerie bleue jusqu’au XVIIIe siècle.
Comme ouvrier vous allez apprendre à recevoir votre salaire, participer à la reconstruction du temple, retrouver le mot de maître et apprendre où il a été placé avant le mort de notre Grand Maître Hiram Abif.
Le degré de Maître Maçon de Marque, dont l’histoire traditionnelle relate la préparation des matériaux pour la construction du Temple, a pour vertu principale la charité. Il a incontestablement un fort lien avec la maçonnerie opérative et se pratique est l’occasion d’un véritable travail sur l’enseignement spirituel qui permet de se ressourcer aux origines même de l’ordre maçonnique. Considéré par beaucoup comme l’un des degrés les plus anciens de la maçonnerie, le candidat représente un compagnon franc-maçon. Ce degré nous enseigne d’accorder de l’importance à chaque chose et de bien considérer le travail des autres.
Le degré de passé Maître, qui enseigne l’importance des devoirs, met en exergue les qualités de chef et de responsabilité. A l’origine, le degré de maçon de l’arche royale ne pouvait ne pouvait être conféré qu’à ceux qui ont dirigé comme maître des loges symboliques. Ce degré confère maintenant le titre symbolique de passé maître. Il a été conféré pour la première fois en Angleterre en 1768.
Le degré de Très Excellent Maître, qui est consacré à la finition et la dédicace du temple, cultive l’ingéniosité.
Le degré de Maître de l’Arche Royale qui relate le retour des Israélites de Babylone à Jérusalem pour la reconstruction du temple détruit par Nabuchodonosor ; les travaux de déblayement des fondations de l’ancien temple, la redécouverte des secrets de Maître Maçon, consacre l’humilité. Dans ce degré, la finalité de la symbolique maçonnique est éteinte : il est, « la racine, le cœur et la moelle épinière de la maçonnerie, sans laquelle aucun parcours maçonnique ne serait complet ». Considéré comme un degré d’achèvement, la vocation de ceux l’ont atteint doit être de faire profiter leur loge symbolique de leur compréhension du symbolisme maçonnique. Le degré de l’arche royale complémente le degré de maître maçon. Il est le sommet de l’ancienne franc-maçonnerie. Sans le degré de l’arche royale le degré de maître est une mélodie inachevée, une histoire incomplète ou une promesse non jeune.
Le Conseil qui complète les degrés du chapitre sous la référence mythologique des cryptes du Temple de Salomon.
Trois degrés cryptiques :
Maître royal
Maître choisi
Super excellent maître : quoique optionnel, il demeure obligatoire pour occuper un office.
Les Rituels du Conseil sont nettement plus modernes. On estime qu’ils sont codifiés au début du XIXe siècle.

Le degré de Maître Royal relate la réalisation des ustensiles du Temple et la récompense des ouvriers persévérants dans la recherche de la vérité.

Le degré de Maître Choisi qui est dédié à la préservation des secrets de maître Maçon insiste sur la sanction de la négligence.

Le degré su Super Excellent Maître qui est le plus dramatique et le plus spectaculaire de tout le système maçonnique. Il souligne les leçons de loyauté et de fidélité. Le Grade s’articule autour des événements qui ont conduit à la destruction de Jérusalem et de son Temple par des Chaldéens. Le Grade est raconté par des intermèdes de petites prophéties bibliques qui mettent en valeur la fin du premier Temple et la construction du second Temple. Il est remarquable pour ses scènes de la cour suprême juive de Sédécias, et le tribunal chaldéen de Nabuchodonosor. Ce titre est honorifique, et un membre du Conseil n’a pas besoin de l’avoir pour être membre.
Les Commanderies ont une dimension davantage chrétienne que les Chapitres ou les Conseils. Elles passent du Temple de Salomon aux ordres Templiers.
Trois ordres chevaleresques :
• Ordre de la croix rouge
• Ordre de malte
• Ordre du temple

Le degré ce Chevalier de la Croix-Rouge, premier ordre de la commanderie, raconte la libération des juifs de la captivité après 70ans d’esclavage. Il confirme comme attribut divin et base de toute vertu.
Le degré de Chevalier de malte : l’ordre des Chevaliers de Malte encore appelé Ordre des chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Rhodes et de Chypre dont l’existence remonte à 1900 AD avait pour but l’assistance aux pèlerins blessés sur les champs de bataille. Il consacre de début des applications chrétiennes aux enseignements maçonniques.
Le degré de Chevalier du Temple qui considéré comme le couronnement et la gloire de la maçonnerie du Rite York. C’est « la plus solennelle et impressionnante expérience dans maçonnerie », la voie de Jésus de Nazareth à travers Sa vie, Sa mort, Sa résurrection, Son ascension.
« Tout maçon chrétien doit aspirer à devenir chevalier du temple »
Il faut noter que certains Degrés dits « de chaire » (c’est-à-dire dont le titulaire a dirigé un atelier de l’une ou l’autre des catégories ci-dessus) constituent souvent un Ordre intérieur auquel ne sont reçus que ceux qui ont présidé. Ainsi en est-il des ordres intérieurs suivants :
• Ordre de la Grande Prêtrise (Arche Royale)
• Ordre de la Truelle d’Argent (Conseil Cryptique)
• Ordre des Chevaliers Prêtres du Temple (Commanderies)

Le Rite York dit d’intuition ou de méditation est très riche en cérémonie aussi bien intérieures qu’extérieures : banquets, pose de la première pierre d’un édifice, dédicace de Temple, de Bannière, anniversaire de Loge, enterrements, etc. les Rituels utilisés lors de ces événements diffèrent très peu d’une Grande Loge à une autre d’autant plus qu’en 1843, le Congrès Général de Baltimore, où tous les maçons américains des loges symboliques étaient représentés a permis l’uniformisation relative des rituels. Ces cérémonies réunissent autour des maçons leurs familles et amis ainsi que les membres des ordres paramaçonniques.
Les Loges pratiquant le « rite York » sont immédiatement reconnaissables à la présence d’un Autel central encadré par trois chandeliers afin de marquer l’importance du Volume de Loi Sacrée. En effet, « le rite York » est articulé autour de la Bible qui, à la différence des autres Rites, est placée au centre physique de la Loge, spécificité que l’on retrouve dans tous les grades du système. Son ouverture et sa fermeture, ainsi que les passages d’un Livre à l’autre, selon ce que commande le rituel, font l’objet d’un cérémonial très particulier et unique dans le paysage maçonnique. Il n’est pas rare de voir d’autres Volumes de Loi Sacrée, comme le Coran, la Torah ou Upanishad, ou d’autres encore, disposés sur l’Autel central des Loges York, aux côtés de la Bible.
Comme dans toutes les Loges, les Obligations solennelles se contractent sur la Bible. Toutefois, et il s’agit là d’autres spécificités du York, les déambulations se font également autour de la Bible, et les signes du Serment, ou « Due Gard » font systématiquement référence aux positions des mains sur cette dernière. De même, de longs passages rituels rappellent aux candidats les obligations qu’ils doivent à la Bible, protection, étude des devoirs contenus, etc. Même si la coutume s’est perdue dans la plupart des ateliers du rite en Europe et en Afrique, il est toujours d’usage, dans la plupart des Loges américaines, d’offrir une Bible dédicacée par tous les frères présents aux candidats nouvellement élevés au grade de Maître Maçon.
La pratique du rituel est la même pour toutes les Grandes Loges avec des différences mineures. Les éléments caractéristiques du rite de la maçonnerie symbolique sont, les déplacements en loge, les signe, les coups de maillet du Vénérable maître, les augmentations des salaires, les décors, l’installation du Vénérable Maître.