Grande Loge Nationale Togolaise

LE RITE ECOSSAIS RECTIFIE

Bien qu’ayant le même sigle RER, les termes Rite et Régime ne sont pas équivalents.
Dans le système Ecossais Rectifié, lorsqu’on considère la façon de travailler maçonniquement, on dit « Rite » et on utilise le terme « Régime » lorsqu’on fait référence au corps constitué auquel les FF appartiennent, à sa structure et à son organisation statutaire. Par ailleurs, le système est désigné « Ecossais » à tort. Il a tout aussi peu affaire avec l’Ecosse que de nombreux autres systèmes maçonniques appelés « Ecossais ».
Cette appellation se réfère plutôt à un usage de l’époque de ce qu’on appelle écossisme.
La Maçonnerie « Ecossaise » signifie tout simplement le développement des hauts Grades qui suivent le Grade de Maître.
Elle prend son origine d’abord en Angleterre vers 1730 et puis en France dans les années 1730 et puis en France dans les années trente et quarante du 18ème siècle. Mais la désignation « d’écossais » demeure une énigme non encore élucidé.
Le Régime Ecossais Rectifié est un système maçonnique et Chevaleresque Chrétien, constitué en France dans la deuxième moitié du 18ème siècle par deux groupes de maçons lyonnais et strasbourgeois (Convent de Lyon 1778 et Convent de Wilhelmsbad 1782).
Le Régime Ecossais Rectifié est une forme parmi d’autres de maçonnerie traditionnelle qui s’en distingue d’une part par la traçabilité de ses sources, de ses rituels, de son organisation et mise en place.
Ces deux aspects et la doctrine caractérisent la spécificité du Système Ecossais Rectifié. Pour bien en cerner l’essentiel, il est nécessaire de faire le point de la méthodologie utilisée par ses pères fondateurs ainsi sur l’historique de sa mise en place.
Pourquoi Jean-Baptiste Willermoz et son équipe ont-ils senti la nécessité de créer un autre système ?
Dans quel contexte ont-ils évolué ? Comment ont-ils procédé ? Bref, quels sont la base et le but de leur démarche ?

I- Origines, sources, et spécificités du Rite et du régime Ecossais Rectifiés

I.1- Origines et Sources

Le système Ecossais Rectifié est construit en 1775 et 1785 par deux équipes de maçons français lyonnais et strasbourgeois ayant à leur tête Jean-Baptiste Willermoz. L’équipe de Lyon est constituée de catholiques fervents parmi lesquels : Milanois, Pessisse-Duluc et le propre frère de Jean-Baptiste Willermoz, le docteur Pierre-jacques Willermoz ; celle de Strasbourg réunit des luthériens non moins fervents, Bernard Junkhein et jean de Turkhein frère de ce dernier et Rodolphe Saltzmann. Le Rite Ecossais Rectifié ne peut être bien compris qu’en connaissance de ses racines hétérogènes, parmi ces racines, on peut retenir :

1-la maçonnerie originale anglaise dite d’ANDERSON
2-la Stricte Observance
3-L’ordre des Chevaliers maçons élu de Coen de l’Univers de martinez Pasqually.
4-le Rite Moderne
5- la tradition chrétienne et les enseignements des pères de l’Eglise.

Le système rectifié proposé par JB Willermoz est une synthèse des usages maçonnique français et européens de l’époque. JB Willermoz a pris en compte dans sa démarche essentiellement toutes les pratiques qui ne comportaient pas de risque ni de dangers spirituels pour les adhérents à son système. Willermoz connaissait intégralement la maçonnerie de son temps. Il avait à peu près tous les grades possibles et inimaginables, soit en les ayant reçu personnellement, soit en ayant fait collections rituels écrits dont il faisait des échanges avec les nombreux correspondants qu’il avait à travers l’Europe entière.
La démarche adoptée par JB Willermoz permet aujourd’hui la pratique harmonieuse d’un des rites les mieux conçus que la maçonnerie connaisse en parfaite concordance avec les principes de la Franc-Maçonnerie régulière.
Le Régime écossais rectifié en tant qu’organisation naquit en 1782 directement de la Stricte observance, ce système maçonnico-chevaleresque est créé en 1755 par VON HUND et ses collaborateurs Schubert et Zimendorf. Il dominait une grande partie de la maçonnerie européenne entre 1764 et 1782.
C’est de la stricte observance (dite encore « Maçonnerie Rectifiée de Dresde » ou Maçonnerie reformée de Dresde) que le rite a hérité non seulement le cadre d’organisation, mais des parties importantes de sa substance spirituelle.
De la stricte observance, Willermoz a retenu certains éléments pour la partie maçonnique et son régime et d’autres pour la partie chevaleresque.
Pour l’essentiel, il s’agit des tableaux de Loge relatifs aux Grades avec les devises figurant sur ces tableaux et la lumière donnée en deux temps lors de la réception au premier grade ainsi que la phrase proférée « Sic Transit Gloria Mundi » et les quatre (04) lumières en loge verte et 3ème tapis du 4ème grade. Concernant les usages maçonniques français du temps, particulièrement ceux du Rite moderne, il a pris en compte pour l’essentiel les pratiques suivantes :

-la position des colonnes J et B ;
– l’attribution des lettres J et B aux apprentis et aux compagnons ;
– L’emplacement des surveillants ;
– les signes aux trois grades ;
– La marche en partant du pied droit ;
– Le port de l’épée en loge.

De l’ordre des Chevaliers élus Coens de martines de Pasqually, Willermoz a fait sien les volets spirituel et doctrinal dont il en fait un usage qui lui est propre.

I.2-Rite, Grades et Rituels

Le Rite Ecossais Rectifié est traçable c’est-à-dire on connaît avec précision ses sources, ses auteurs et les dates de toutes les étapes de son développement.
Il est important que l’on ne confonde pas Rites et Rituels.
Selon JF VAR, les rituels sont le support des Rites
Ils n’en constituent pas la substance et la matière.
Les Rituels sont une mise en œuvre, un agrément particulier des Rites pour en permettre, en faciliter voire en intensifier l’efficacité. Mais l’efficacité n’est pas dans les Rituels, elle est plutôt dans les Rites eux-mêmes.
Ce n’est pas le rituel qui fait l’efficacité di Rite, car le Rite est efficace par lui-même. Il peut toutefois aider considérablement, notamment par l’éveil de la « conscience rituelle » conscience aussi des conditions de son efficacité car il y a en effet des conditions pour que l’initiation soit valablement reçue.
L’efficacité est l’une des caractéristiques du Rite Ecossais Rectifiés en plus de son universalité. La véritable universalité maçonnique des Rites étant en leur tréfonds indépendamment des perspectives propres à chaque système qui font la spécificité de chacun.
Par ailleurs, le Rite Ecossais Rectifié par sa traçabilité sus évoqué a un repère traditionnel et authentique. Car en effet, elle est une œuvre humaine appuyée sur des pratiques préexistantes immuables en fond. Aussi connaît-on les auteurs qui ont rédigé les Rituels des différents Grades ainsi que les dates et les lieux de leur approbation. Ces Rituels sont l’œuvre de Jean Baptiste Willermoz et son équipe. Ils ont été conçus et adoptés au plan français lors des rencontres de Lyon et au convent de Gaule de 1778 et approuvés au plan continental au convent de Wilhelmsbad en 1782.
Dans l’esprit de son concepteur, le Régime Ecossais Rectifiés doit comprendre trois classes, deux « ostensibles » et une troisième « secrète ».
– la première est la « Classe Symbolique » ou Ordre maçonnique, comportant quatre grades : ceux d’Apprenti, de Compagnon, de Maître et de Maître Ecossais de St André. Les trois premiers grades sont travaillés dans les Loges de Saint Jean dites des « Loges bleues » à cause de la couleur de leurs décors et le quatrième et dernier dans les Loges de Saint André, dite « Loge Verte » pour les mêmes raisons. Ce dernier Grade marque le terme de l’initiation maçonnique, tout en s’imprégnant progressivement, étape par étape de la doctrine du Rite, laquelle est présentée en filigrane dès le grade d’apprenti. Cette doctrine est ensuite dévoilée de plus en plus clairement jusqu’au quatrième grade.
– la classe symbolique prépare à l’entrée dans « l’ordre Intérieur », lequel est ordre « Chevaleresque chrétien ». Il ne s’agit pas d’un système de hauts grades ni de grades philosophiques.
L’ordre intérieur comporte deux étapes :
Une étape préparatoire et transitaire ;
L’’Ecuyer Novice ; et
Une seconde étape, celle de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (C.B.C.S.).
La qualité d’Ecuyer Novice est transitoire et révocable. En effet, l’Ecuyer Novice a pour unique tâche de se préparer, durant un an au moins, à devenir Chevalier ; mais s’il s’y révèle inapte, il doit être rétrogradé et redevenir Maître-Ecossais de Saint André.
Cette qualité est conférée lors de la cérémonie de vestition.
L’étape de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte, ne confère pas un grade mais il s’agit également d’une qualité qui est conférée lors d’une cérémonie d’armement. Le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte a le devoir d’œuvrer activement dans l’ordre et dans le monde pour mettre en pratique les enseignements moraux, religieux et doctrinaux reçus dans les Loges de Saint-Jean et de Saint André. Il doit de plus en plus se dévouer au service des frères de l’ordre et de tous les hommes, en particulier par l’exercice de la bienfaisance.
La classe « sécrète » est celle de la profession. Les Chevaliers qui la composaient étaient répartis en deux catégories : les Profès et les Grands Profès, réunis en collège métropolitain. Ils se vouaient à l’approfondissement par l’étude de la médiation, de la doctrine exposée dans les textes (instructions secrètes) conservés par le collège métropolitain. Cette classe existait au XIIIème siècle mais a apparemment disparu, ou œuvre dans la discrétion comme à l’origine.
Les Rituels de toutes ces classes (symboliques, ordre intérieur, les textes de la Profession) avaient été conçus et rédigés par JB Willermoz et ses collaborateurs. Ils avaient été adoptés au convent de Gaules en 1778 et approuvés au convent de Wilhelmsbad en 1782.
Ces documents ont la même structure, les enseignements dont ils sont les supports sont clairement révélés dans les trois sections : réponses pour le grade « et » « Règle maçonnique ».

I.3-Doctrine

Certaines déclarations de Jean Baptiste Willermoz relatives au but de la maçonnerie dans les textes fondamentaux du Régime Ecossais Rectifié pourraient nous éclairer sur sa doctrine. « La maçonnerie fondamentale a un but universel, que la morale seule ne pourrait remplir. La pratique de la saine morale et des devoirs de société sont la vérité, le but apparent des grades, mais ces vertus ne peuvent en être le but réel. Qu’aurait-elle alors besoin d’emblèmes » (C’est-à-dire de symboles), « de mystères et d’initiation ? Son but est d’éclairer l’homme suer la nature, sur son origine et sur sa destination. »
La nature de l’homme, son origine, sa destination : ce n’est pas autre chose que la trilogie fameuse : « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? »
Tel est « le vrai but de l’Ordre », telle est la « vraie science maçonnique » : donner à l’homme un enseignement sur l’homme ; apprendre à l’homme qui il est, c’est-à-dire les sciences naturelles.
Ces trois questions-les seules essentielles et vitales, les seules qui vaillent-n’ont cessé, « depuis qu’il y a des hommes, et qui pensent », de les hanter et de les tourmenter de cette angoisse métaphysique qui est au cœur même de la condition humaine.
Cette haute science est une métaphysique. Plus précisément encore, c’est une science de l’être de l’homme, c’est-à-dire une ontologie. Et celle-ci est indissolublement liée, par une nécessité absolue, à une science, à une doctrine de l’initiation.
Cette « science de l’Homme » est la science de l’initiation. Willermoz les a retrouvées chez Martinez de Pasqually, Louis Claude de Saint Martin en est également convaincu.

L’initiation est donc réalisée par Jésus-Christ et pour Jésus-Christ.
Voilà pourquoi l’ordre est Chrétien et ne doit admettre que des chrétiens et ceux qui sont disposées à le devenir.
Cette doctrine (enseignement) est dispensée en filigrane dans les trois grades de la classe symbolique et d’une façon plus claire au 4ème grade.
La première maxime du 1er grade est claire sur ce point, « l’Homme est l’image immortelle de Dieu ; mais qui pourra la reconnaître, s’il la défigure lui-même ».
A propos du tableau du grade et sa devise « Adhus stat » on explique à l’apprenti qu’il signifie « que l’homme est dégradé, mais qu’il lui reste des moyens suffisants pour obtenir d’être rétabli dans son état originel, et que le maçon doit apprendre à les employer ».

II-Structures hiérarchiques et administratives du Régime Ecossais Rectifiés au Togo

Les trois premiers grades de la classe symbolique conféré dans les loges de saint jean(ou bleue) sont placés sous l’autorité du Grand maître de la Grande Loge Nationale Togolaise.
Le 4ème Grade ou grade de Maître Ecossais qui parachève l’initiation maçonnique ainsi que l’Ordre Intérieur chevaleresque sont gérés par le Grand prieuré du Togo sous l’autorité du Sérénissime Grand Maître National, Grand Prieur.

Conclusion
Le but actuel du Régime Ecossais Rectifié se résume en :
 La fidélité à la religion chrétienne, fondée sur la foi en la Sainte Trinité
 L’attachement aux principes et tradition, tant maçonniques que chevaleresques, du régime, se traduisent par l’approfondissement de la foi chrétienne et l’étude de la doctrine ésotérique chrétienne, enseignée dans l’ordre ;
 Le perfectionnement de soi-même par la pratique des vertus chrétiennes afin de vaincre ses passions, corriger ses défauts et progresser dans la voie de la réalisation spirituelle ;
 Le dévouement à la patrie et le service d’autrui
 La pratique constante d’une bienfaisance active et éclairée envers tous les hommes, quelles que soient leur race, leur nationalité, leurs opinions politiques ou philosophiques.